Source : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F117
En France, le droit de grève dans le secteur privé est relativement peu contraint :
- Pas besoin de prévenir à l’avance : vous pouvez informer votre employeur le jour même, mais ce n’est même pas une obligation.
- Pas de durée minimale : une grève peut durer une heure, une demi-journée ou plusieurs jours.
- Une protection légale : votre employeur ne peut pas vous sanctionner ou vous discriminer parce que vous faites grève. C’est un droit fondamental, acquis de haute lutte.
Attention toutefois : pour être licite, une grève doit notamment correspondre à un arrêt collectif et concerté du travail visant à appuyer des revendications professionnelles, que l’employeur doit connaître au moment où le mouvement commence. Dans le secteur privé, il faut en principe au moins deux salariés grévistes dans l’entreprise, sauf exceptions.
Nos Conseils :
Si vous n’avez pas de griefs particuliers envers votre studio (comme pour lors des grèves nationales) , nous vous encourageons à prévenir la production un peu en avance, individuellement ou collectivement. Ce n’est pas une obligation légale, mais cela permet de s’organiser et de maximiser l’impact du mouvement.
Le mieux est de commencer par se rassembler en AG le matin du premier jour de grève pour discuter de la mobilisation, définir des revendications et, si vous le souhaitez, voter la grève collectivement. C’est aussi un moment précieux de la vie démocratique : on peut y approfondir ses revendications, échanger sur ses conditions de travail et surtout, enfin parler politique !
Cela va sans dire : plus vous serez nombreux et nombreuses à vous mobiliser, plus vous serez protégés, même si le droit de grève protège déjà chaque salarié qui l’exerce légalement, qu’il soit syndiqué ou non.
Vous pouvez également fabriquer des pancartes pour rendre vos revendications visibles, notamment si la presse passe par là ! Ils adorent les beaux dessins !

grève chez disney en 1941
La grève fait partie de l’histoire de l’animation
L’histoire de l’animation est elle aussi traversée par des luttes collectives qui ont contribué à faire évoluer les conditions de travail.
On peut notamment citer la célèbre grève des studios Disney de 1941, à laquelle a participé l’animateur et syndicaliste Art Babbitt, ou encore les mobilisations syndicales des studios japonais Tōei Dōga dans les années 1960, auxquelles ont pris part de futurs grands noms de l’animation comme Hayao Miyazaki et Isao Takahata.
Plus récemment, en France, les salariés du studio Jungler se sont mis en grève en mars 2026 pour réclamer des contrats conformes au Code du travail et à la convention collective, notamment pour mettre fin aux contrats antidatés.
À la Cartoucherie, on se souvient aussi du débrayage des salarié·es de Folimage, le 16 novembre 2023, en soutien à leurs camarades de la production audiovisuelle en grève pour une revalorisation des salaires

Cette mobilisation rappelle que l’action collective reste un moyen essentiel de défendre nos droits, même dans un secteur où la précarité peut rendre les salariés réticents à se mobiliser.
Sur ce , Bonne grève !

